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  • Management moderne

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    Au cours de ma carrière de consultant je suis intervenu dans beaucoup d’entreprises, publiques ou privées, grandes ou petites et cela dans de nombreux secteurs d’activité de la métallurgie à l’assurance où les instituts médicaux-éducatifs. J’y ai interrogé à la fois des directions et leur encadrement mais aussi et surtout des ouvriers (pardon c’est un gros mot – dire « opérateurs ») et des employés. J’ai été confronté au « management moderne ».

    Ce passé m’a conduit à lire avec plaisir et à recommander le dernier ouvrage de la sociologue Danièle Linhart « Travailler sans les autres » (Seuil – collection « non-conforme »). Elle montre bien la double stratégie :

    -         dans le secteur public, importer les méthodes du secteur privé en vue de la marchandisation des activités,

    -         dans le secteur privé, tout en dénigrant le service public, importer ses valeurs de dévouement et d’attachement aux métiers.

    En définitive cela conduit à transformer partout le sens du travail avec des conséquences graves sur les individus, sur la société et sur l’efficacité globale des systèmes.

    Au-delà de l’agacement que l’on peut avoir pour un discours académique (multiples références, etc.), ce livre descriptif « donne un peu d’air » par rapport à l’idéologie dominante.

    Je n’ai pas trouvé l’idéal du MEDEF : « transformer les contrats de travail en contrats individuels commerciaux » mais c’est sous-jacent.

    Extrait de la conclusion : « Le travail moderne a inscrit l’individu dans un périmètre réducteur, celui de la seule cause de son entreprise ou de son ego, au détriment de la société. Il attaque le lien qui unit le sens et le vécu du travail à la société. Il conduit chacun au repli, et à l’incompréhension de ce que vivent les autres. ».

    Maximilien