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pouvoir absolu

  • Lire ou relire Denis Diderot

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    Début février, l'émission de France Culture "Les nouveaux chemins de la connaissance" a consacré une semaine à Denis Diderot. J'ai écouté la lecture d'un extrait des "Observations sur le Nakaz", écrit pendant ou après son séjour à Saint Petersbourg auprès de Catherine II. Ce texte a été retrouvé seulement en 1921.

    Cela m'a fait penser à notre inestimable guide et je le reproduis ci-après.

     

    Qu'en pensez vous ?

    .... L’objet, la fin de tout gouvernement doit être le bonheur des citoyens, la force et la splendeur de l’État et la gloire du Souverain. Il ne faut pas demander quel est l’objet d’un gouvernement absolu, peu importe quel soit son objet mais quel est son effet ? Son effet est de mettre toute liberté et toute propriété dans l’absolue dépendance d’un seul. Si ce maître est un homme juste, éclairé et ferme, tout sera dirigé, du moins pendant la durée de son règne vers le plus grand bien de tous. Mais ce plus grand bien suppose ces trois qualités réunies, s’il est juste sans être instruit ou ferme, ou il ne fera rien ou il ne fera que des sottises. Et ainsi, du manque de justice ou de fermeté ou de lumières. Mais, s’il est rare de trouver l’une de ces qualités séparée et poussée à un certain degré dans un homme, combien est-il plus rare de les lui trouver poussées à ce degré et réunies !

    Si donc, l’étendue de la Russie exige un despote, la Russie est condamnée à être vingt fois pour une fois bien gouvernée. Si par un de ces prodiges qui n’est pas dans l’ordre commun de la nature elle avait trois bons despotes de suite, ce serait encore un grand malheur pour elle et toute autre nation où la soumission à la tyrannie ne serait pas l’état habituel.

    Car ces trois despotes excellents accoutumeraient la nation à l’obéissance aveugle, sous leurs règnes les peuples ignoreraient leurs droits inaliénables, ils tomberaient dans une sécurité et une apathie funeste. Ils n’éprouveraient plus cette alarme continuelle, la conservatrice nécessaire de la liberté. Ce  pouvoir absolu qui, placé dans la main d’un bon maître faisait tant de bien, le dernier de ces bons maîtres le transmettrait à un méchant et le lui transmettrait, scellé par le temps et par l’usage et tout serait perdu....

     

    Maximilien