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Livre

  • Le vrai Mélenchon !

    Le candidat a été invité il y a trois semaines aux MARDIS DE L'ESSEC, une école de commerce où sont formés les élèves aux théories économiques dominantes : le néolibéralisme (Jacques Généreux parle de "Déconomie de marché" dans un livre récent).

    Il y a trois semaines, la progression dans les sondages du candidat n'était pas encore remarquée. Cependant, la longue performance de Jean-Luc Mélenchon devant un auditoire a priori hostile reste un objet vidéo à voir absolument.

    Ce document montre un homme posé, bien loin des caricatures des médias !

    Maximilien l'a regardé en entier mais en trois moments.

    Elle est disponible ci-après :

  • Le choix décisif

    Le 10 mars dernier, Maximilien avait écrit : "Certes, les "pseudos" ne peuvent voter ! Mais les citoyennes et les citoyens y seront conviés."

    Le "double" de Maximilien va voter au premier tour en tout cas. Et son choix était fait depuis longtemps. Cependant, au cours de la précampagne électorale des "affaires" révélées et des rapports de forces que les sondages montrent (sans toutefois indiquer souvent les marges d'erreurs), il a suivi avec attention les déclarations des uns (et de l'une) et des autres. Cela l'a conforté dans son choix.

    Mais, il a noté qu'à moins de deux semaines du jour du vote, environ un tiers du corps électoral était encore hésitant.

    C'est donc aux hésitantes et aux hésitants qu'il s'adresse. Il s'adresse aussi à celles et ceux qui envisagent de voter pour Emmanuel Macron, notamment pour éviter une surprise bien pire que celle du 21 avril 2002.

    À son avis, Emmanuel Macron, ancien ministre de l'économie de François Hollande, énarque, etc. est un produit "marketing", placé "en tête de gondole" par l'establishment et les médias. Son programme (ou ce que l'on y décèle car il dit souvent une chose et son contraire) semble encore plus à droite que les "performances" de Manuel Valls.

    Dans ces conditions, la seule option de gauche est celle du programme "L'Avenir en Commun".

    Des proches et des amis lui disent :"Oui mais je n'aime pas Mélenchon !"

    La politique n'est pas une histoire d'amour mais, si possible, de raison. Au demeurant, ce candidat est le seul à proposer une VI° République et à promettre sa démission à la fin de l'Assemblée Constituante. Il vient encore de déclarer à Marseille :" Je ne veux pas que mon nom soit un programme !".

    Son mouvement a choisi pour logo la lettre grecque PHI pour évoquer la sagesse.

    Son livre "DE LA VERTU" montre un homme apaisé, très loin de l'image colérique qu'en donnent les médias.

    Dans son intervention aux Invalides où il est question de défense il a un discours d'Homme d'État : https://www.youtube.com/watch?v=vQ6VRi0smIo&t=143s.

    Plus généralement, avant de faire son choix, on peut visionner les meetings et/ou les interventions du candidat et des membres de l'équipe de "La France Insoumise" en cherchant "jlm2017" sur You Tube, on peut également s'abonner à la "Lettre hebdomadaire".

    Ne vous trompez pas !

    P.S. : Les soutiens à la candidature de "L'Avenir en commun" sont aujourd'hui de l'ordre de 400 000 et les abonnements Facebook & Twitter de l'ordre du million. Songeons que dans les années 70 le PCF déclarait plus de 500 000 adhérents, il est actuellement autour de 50 000 !

  • Management moderne

    Linhart.jpg

    Au cours de ma carrière de consultant je suis intervenu dans beaucoup d’entreprises, publiques ou privées, grandes ou petites et cela dans de nombreux secteurs d’activité de la métallurgie à l’assurance où les instituts médicaux-éducatifs. J’y ai interrogé à la fois des directions et leur encadrement mais aussi et surtout des ouvriers (pardon c’est un gros mot – dire « opérateurs ») et des employés. J’ai été confronté au « management moderne ».

    Ce passé m’a conduit à lire avec plaisir et à recommander le dernier ouvrage de la sociologue Danièle Linhart « Travailler sans les autres » (Seuil – collection « non-conforme »). Elle montre bien la double stratégie :

    -         dans le secteur public, importer les méthodes du secteur privé en vue de la marchandisation des activités,

    -         dans le secteur privé, tout en dénigrant le service public, importer ses valeurs de dévouement et d’attachement aux métiers.

    En définitive cela conduit à transformer partout le sens du travail avec des conséquences graves sur les individus, sur la société et sur l’efficacité globale des systèmes.

    Au-delà de l’agacement que l’on peut avoir pour un discours académique (multiples références, etc.), ce livre descriptif « donne un peu d’air » par rapport à l’idéologie dominante.

    Je n’ai pas trouvé l’idéal du MEDEF : « transformer les contrats de travail en contrats individuels commerciaux » mais c’est sous-jacent.

    Extrait de la conclusion : « Le travail moderne a inscrit l’individu dans un périmètre réducteur, celui de la seule cause de son entreprise ou de son ego, au détriment de la société. Il attaque le lien qui unit le sens et le vécu du travail à la société. Il conduit chacun au repli, et à l’incompréhension de ce que vivent les autres. ».

    Maximilien

  • Une chronique de Régis Debray

     

    Je cite un article du Monde 

    Dépoussiérer les livres..., par Régis Debray

    Curieux courriel. J'apprends l'existence d'une commission "Réformer la lecture, moderniser le livre", qui serait présidée par Marc Levy, assisté de Paul-Loup Sulitzer et de Michel-Edouard Leclerc. Créée, me dit-on, à l'initiative de l'Elysée, elle serait en passe de "finaliser" un certain nombre de propositions tendant à redonner, je cite, sa dynamique et sa compétitivité à "une branche industrielle passablement nécrosée qu'il convient de raccorder aux forces vivifiantes de la modernité". Show-biz et quick money.

    Un bon point cependant. Le pré rapport épargne au lecteur les fastidieuses platitudes habituelles. Ici, c'est franco de port : "L'heure est venue de briser la croûte de contraintes anachroniques, de frilosités corporatives et d'interdits bureaucratiques qui condamne la chaîne du livre tout entière (auteurs, éditeurs, libraires, bibliothèques publiques) à une prompte faillite. Dépoussiérage ou naufrage, telle est l'alternative." Comme les auteurs affirment ne vouloir qu'un seul juge, le public, je ne crois pas leur porter tort en me faisant ici publiquement l'écho de quelques-unes de leurs recommandations.

    1. Fin du dépôt légal. S'il est vrai que le livre sur papier relève du domaine des antiquités, et la Bibliothèque nationale François-Mitterrand du délire d'un pharaon républicain, la conservation des modes de vie anciens a ses limites. La notion de patrimoine aussi. Qu'une ordonnance de François Ier (1537) fasse encore loi à l'ère du numérique confine au grotesque. Feront désormais l'objet d'un dépôt obligatoire les seuls ouvrages qui répondent à une demande réelle du consommateur : la liste des meilleures ventes hebdomadaires de L'Express fera foi. L'offre de livres étant pléthorique, volatile et hétérogène, il faut des repères sûrs.

    2. Les moyens de l'autonomie. Sur 16 millions de vieilleries conservées à la BNF, les trois quarts ne font l'objet d'aucune demande de consultation. Il y a dans cette masse d'actifs un lot de livres rares et précieux qui, ajouté aux estampes, cartes et photographies anciennes du site Richelieu, pourrait être utilement mis sur le marché (comme il y a des zoophiles et des pédophiles, il existe des bibliophiles). L'intérêt sera triple. Sanitaire : assainir des réserves d'imprimés où pullulent les agents de corruption chimique et biologique. Sécuritaire : réduire l'effectif des magasiniers, personnel syndicalisé, surpayé (1 000 euros mensuels ou plus), où prospèrent des étrangers souvent en condition irrégulière. Budgétaire : éponger les grandissants déficits de cet établissement public à la charge du contribuable.

    3. La publicité audiovisuelle. Le livre souffre d'un défaut de visibilité médiatique et de reconnaissance sociale. Or la France est le seul pays d'Europe qui interdit la publicité des livres à la télévision. Il reviendra aux chaînes privées de remédier à cette anomalie. C'est le seul moyen d'assurer à nos best-sellers locaux, malgré le handicap de la langue, une présence sur le marché qui soit à la hauteur des Da Vinci Code et autres Harry Potter.

    4. Abrogation du prix imposé. Limitant à 5 % le rabais autorisé sur ce produit, la loi Lang, typiquement corporatiste et n'hésitons pas à le dire d'inspiration soviétique, punit en fait le consommateur pour complaire à une profession protégée. Prix unique, parti unique, pensée unique : dût-on rougir de cette préhistoire, rappelons que cette mesure remonte à une époque où des communistes siégeaient au gouvernement. Il y a des stigmates à effacer, pour l'honneur du pays.

    5. L'affaire Google. Imaginer que l'Europe pouvait et devait répondre à cette entreprise américaine qui entend numériser une quinzaine de millions de livres imprimés relevait d'un amour-propre désuet, quasiment souverainiste. Il est clair qu'un vague consortium d'établissements publics européens n'aura pas les moyens financiers de rivaliser avec le pionnier d'outre-Atlantique. Pourquoi ce dernier nous voudrait-il du mal ? L'Occident ne doit pas disperser ses forces, qu'il s'agisse de la lecture sur écran comme de la chasse au taliban. Il est temps de rallier le Google Book Search en même temps que les commandements intégrés de l'OTAN.

    6. Mécénat d'entreprise. Vu les coûts croissants de la numérisation en mode texte du fonds dit classique, le recours au mécénat d'entreprise soulagerait les finances publiques. Plus d'une serait logiquement intéressée à attacher son logo à la version numérique d'ouvrages de qualité. Dassault, à Vol de nuit. Hermès (les écharpes), au Petit Prince. Pfizer (les molécules contre l'asthme), à la Recherche du temps perdu. Ou encore l'American Express, à Paul Morand.

    Il est clair que, contrairement aux chauffeurs de taxi, éditeurs et libraires ne peuvent obstruer les avenues. Il y a donc lieu de croire que la vision poussiéreuse du monde propre à une profession du livre ankylosée par des siècles de mauvaises habitudes n'aura pas, cette fois-ci, le dernier mot.

    Inutile de dire que cette perspective me fait frémir. Je souhaite bonne résistance à notre petit îlot de papier battu par les vents. Qui peut-on croire aujourd'hui ? Comment distinguer l'authentique de la contrefaçon quand toutes sortes d'incongruités se croisent sur la Toile ? Quand on prête à un président de la République un parler de loubard et qu'on voit tel Black du 93 lui répondre avec des imparfaits du subjonctif ? Tout va à l'envers. Plus de critère ni de garant. Le canular le plus évident est aujourd'hui chose plausible.


    Régis Debray est écrivain, directeur de la revue "MédiuM".

    chronique "Carte blanche" parue dans Le Monde du vendredi 7 mars 2008