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Retraites - Page 3

  • 12 octobre 2010 petite vidéo de 5 minutes

    Nous étions nombreux mardi 12 octobre, n'en déplaise au ministère de l'intérieur !


     


    Le samedi 16 et le mardi 19, continuons !

    Salut et fraternité !

    Maximilien

     

     

    12 octobre 2010
    envoyé par pu65. - L'info internationale vidéo.

  • Comment financer les retraites ?

    1526605262.jpg L’atout des gains de productivité

     

     

    Par Pierre Concialdi, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES).

     Contrairement aux dénégations du gouvernement, les changements législatifs et réglementaires de ces quinze dernières années ont principalement consisté à abaisser, de façon considérable, le niveau des pensions. Même avec une carrière complète, la pension d’un salarié moyen calculée selon la réglementation actuelle est inférieure de plus de 30% à celle basée sur les règles du début des années quatre-vingt-dix. Et de moins en moins de salariés peuvent prétendre à une pension complète. Sans véritable réforme, notre système de retraite conduira de plus en plus de salariés vers la pauvreté. D’autres choix sont donc nécessaires : il faut ajuster les ressources aux besoins de financement. Le gouvernement rabâche qu’une hausse des cotisations nuirait à la compétitivité des entreprises, qu’elle serait insupportable pour les salariés. En réalité c’est loin d’être le cas.

    Considérons d’abord une hypothèse neutre du point de vue des entreprises, celle où les salariés financeraient eux-mêmes leurs retraites. Même dans le cadre des scénarios officiels, une hausse des cotisations est tout à fait possible. Dans le scénario central du Consei d’orientation des retraites (COR), le salaire moyen devrait doubler, en pouvoir d’achat, en quarante ans. Ce résultat, qui peut surprendre nombre de salariés, repose sur des hypothèses qui ne sont pas exagérément optimistes : des gains de productivité de 1,8% et un partage entre salaires et profits qui demeure simplement stable, ce que personne ne conteste. La hausse des cotisations qui serait nécessaire pour financer les retraites aboutirait à prendre une partie de ces gains de pouvoir d’achat, si bien qu’au bout du compte les salaires nets (cotisations déduites) augmenteraient d’environ 90% et non de 100%. La différence n’est pas mince. Mais cela permettrait d’engranger des gains de pouvoir d’achat bien plus importants qu’au cours des trente dernières années. Plus de gains de pouvoir d’achat avec des pensions préservées : est-ce une perspective si dramatique ? Le plus simple serait de poser la question aux salariés.

    Le gouvernement qui prétend agir « sans tabou » se garde bien d’ouvrir le débat. Car il lui faudrait alors poser la question du partage des gains de productivité, pour le futur comme pour le passé. Dans le passé, on sait que ces gains sont allés massivement aux revenus du capital. C’est la raison pour laquelle une proportion croissante de salariés ont aujourd’hui de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. Pour le futur, personne ne préconise la poursuite de cette tendance. C’est pourquoi les scénarios du COR aboutissent à des gains de pouvoir d’achat qui peuvent paraître utopiques après trente années de rigueur salariale. Mais le projet inavoué du gouvernement est de continuer à comprimer les salaires. Le slogan « travailler plus pour gagner plus » a pour fonction de nourrir cette idée selon laquelle les salariés n’auraient désormais plus droit aux gains de productivité.

    Envisageons maintenant une hypothèse un peu plus audacieuse et si les entreprises participaient au financement des retraites ? Le gouvernement avance l’idée que cela nuirait à la compétitivité, mais cet argument ne résiste pas à l’analyse. Une étude de la Banque de France montre que la France est, après la Norvège, le pays où la productivité du travail est la plus élevée, supérieure d’environ 40% à la moyenne de l’Union européenne (à 15). Et la France figure parmi les pays où les coûts de la main-d’œuvre sont les moins élevés des pays développés, surtout pour la main-d’œuvre ouvrière. Bref, notre pays est très bien placé en termes de compétitivité-coût.

    Si aujourd’hui les résultats ne sont pas au rendez-vous, c’est le problème des entreprises et non celui des salariés.

    L’explication que l’on peut avancer est la suivante. Avec les exonérations de cotisations sociales dont elles ont bénéficié, les entreprises se sont accoutumées à la baisse des coûts salariaux qui est devenue, de plus en plus, un élément de leur stratégie. Pour les pays développés, une telle stratégie est vouée à l’échec car les efforts d’innovation et de recherche constituent les facteurs déterminants de la compétitivité. Une hausse des cotisations peut constituer non seulement un moyen de financer les retraites, mais aussi un aiguillon qui pourrait remettre davantage d’entreprises sur un sentier de compétitivité mieux adapté au développement de notre pays.

    L’Humanité samedi 24 mai 2008