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Un "divorce" expliqué par l'histoire

Depuis la conférence de presse de la France Insoumise (FI) du 10 mai 2017

au cours de laquelle les intervenants ont expliqué le processus de désignation des candidats de la FI et indiqué que les relations avec le PCF (au niveau national) étaient suspendues, la "chasse au Mélenchon" est ouverte dans tous les médias.

Le méchant Mélenchon claquerait la porte au gentil Pierre Laurent avec une volonté d'hégémonie digne d'un futur dictateur Sud-Américain !

Pourtant, lors de la conférence de presse beaucoup de questions ont concerné la situation FI/PCF. Les réponses ont été claires : puisque le PCF démarrait sa campagne et présentait ses candidats le problème était réglé, certes d'une manière regrettable, mais qu'y faire ?

Heureusement, un nombre déjà notable de militants et/ou élus communistes avaient déjà (hier 10 mai) décidé de rejoindre la FI en signant la charte de candidature (ce qui ne les oblige pas à quitter le PCF).

Pour bien comprendre la situation, un peu d'histoire récente me semble nécessaire.

En 2016, comme en 2007, le PCF était bien entendu pour une candidature unique de la gauche, surtout si ce candidat ou cette candidate était communiste. En 2007 cela n'a pas fonctionné, avec la désunion Marie-George Buffet (PCF) a obtenu 1,93% des suffrages et Ségolène Royal 25,87%.

En 2016, Jean-Luc Mélenchon (JLM) se déclarait candidat et entamait le programme "L'Avenir en commun".

Bien entendu, malgré cette annonce, des contacts devaient exister entre JLM et le PCF.

À l'automne, il semble y avoir eu un débat au sein de la direction du parti : le secrétaire national Pierre Laurent était partisan d'une alliance avec JLM alors que d'autres dirigeants s'en tenaient à une candidature unique de la gauche y compris avec un PS dont la politique au pouvoir était par ailleurs dénoncée.

Pour résoudre le conflit, une Conférence Nationale a été convoquée le 5 novembre 2017.

Les 535 délégués de la formation ont choisi, samedi 5 novembre à Paris, de privilégier, à 55,7 % des voix, une candidature interne pour la présidentielle de 2017.

Mon sentiment sur ce résultat est que parmi les 535 délégués figuraient nombre d'élus qui craignaient de perdre leurs sièges (et donc les finances du parti) dans "l'aventure JLM". 

Mais le parti a un peu changé et les adhérents doivent maintenant être consultés.

Cela a été fait les 24,25 et 26 novembre 2016.

Le choix 1 retenu par la majorité des votants est celui d'une campagne communiste autonome appelant à voter Jean-Luc Mélenchon, « considérant qu'un rassemblement peut s'opérer avec cette candidature et qu'elle porte une grande partie des propositions de la gauche alternative à l'austérité ».

http://www.pcf.fr/94143

Ainsi, la direction du parti a été désavouée par sa base !

Mais la question n'était qu'apparemment tranchée.

"Depuis le mardi 14 février, un appel intitulé « PCF : sortons de l’immobilisme » qui a recueilli plus de 600 signatures en quarante-huit heures, se répand de manière virale, auprès des cadres et des militants du Parti communiste." (Le Monde)

 

Selon d'autres sources, tout cela serait parti d'une tribune rédigée par André Chassaigne, président du groupe communiste à l'Assemblée Nationale.

http://www.andrechassaigne.fr/2016/12/mon-intervention-au-conseil-national-du-parti-communiste-du-1er-decembre-2016.html

Par ailleurs, lecteur assidu de L'Humanité, qui reste un très bon journal et qui n'est plus "l'organe central du PCF", j'y ai trouvé cependant et j'y trouve depuis ces cinq derniers mois un soutien pour le moins modéré à JLM et maintenant à la FI.

Alors, si le PS est moribond, le PCF risque peut-être le même sort !

Maximilien

P.S. : Pour reconstituer l'histoire j'ai utilisé aussi deux archives numériques du Monde réservées aux abonnés, j'ai tenté de les mettre dans cette note mais cela a brouillé l'hébergeur Hautetfort, désolé !

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