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  • Allemagne France

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    Maximilien a lu dans un récent Courrier International un article du Globe and Mail :

    Le soutien affiché d'Angela Merkel à Nicolas Sarkozy ne soulève pas de tempête de protestations en Europe, s'étonne le quotidien canadien Globe and Mail. Il s'agit pourtant d'une manœuvre inédite... Et inquiétante.

    Comment imaginer un Otto von Bismarck choisissant son camp durant une campagne électorale, dans la IIIe République française ? Pourtant, de nos jours, sous la Ve République, Angela Merkel, qui lui succède à la chancellerie allemande, a décidé de participer à des meetings de campagne aux côtés de Nicolas Sarkozy, en vue de l'élection présidentielle d'avril prochain. Ce soutien laisse présager une nouvelle ère de politique transnationale en Europe.

    Mme Merkel et M. Sarkozy ont des tempéraments très différents et, jusqu'à une période récente, on parlait même d'antipathie entre eux. A l'évidence, ils ont appris à s'entendre, au fur et à mesure de leurs fréquentes rencontres pour résoudre la crise de la zone euro. Pour incarner cette collaboration, on a même inventé un personnage hybride surnommé Merkozy, dirigeant imaginaire de la zone.

    Aujourd'hui, M. Sarkozy est à la traîne dans les sondages et, de son côté, le candidat socialiste François Hollande soutient que le pacte budgétaire proposé par la chancelière pour la zone euro obligerait à mettre en œuvre une politique d'austérité excessive. Mme Merkel se devait de défendre sa politique. A l'annonce d'apparitions conjointes des deux dirigeants lors de la campagne, le porte-parole de M. Hollande [Manuel Valls] a conseillé au président de ne pas “prendre en otage” les relations franco-allemandes.

    Après une longue série de guerres entre la France et l'Allemagne, le général de Gaulle et Konrad Adenauer étaient parvenus à nouer des liens d'amitié. Cela fut encore plus vrai pour Helmut Schmidt et Valéry Giscard d'Estaing dans les années 1970. Mais un dirigeant allemand, quel qu'il soit, qui aurait essayé de dire aux Français pour qui ils devraient voter (ou le contraire) aurait réveillé de mauvais souvenirs.

    L'intervention de Mme Merkel dans l'élection présidentielle en France a suscité une certaine indignation, mais pas de réelle levée de boucliers. Il s'agit d'une manœuvre, plutôt que d'un projet d'unité politique en Europe, mais les Etats-nations du continent risquent de s'apercevoir qu'elle crée un délicat précédent.

    Bonne lecture !

    Maximilien