23 mai 2008

Xavier Bertand et les retraites

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Xavier Bertrand a un « petit » CV :

Maîtrise de droit public. Diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) d’administration locale. Assistant parlementaire du sénateur de l’Aisne, de 1987 à 1992. Agent général d’assurances, de 1992 à 2004.

Cela ne l’empêche pas sous une allure « bonhomme » d’être particulièrement nuisible, sauf au MEDEF.

Xavier Bertrand dans le JDD du 18 mai dernier : « Pour garantir notre système de retraite, on ne sait pas faire autrement que de passer à 41 ans. L’espérance de vie est aujourd’hui à 81 ans en moyenne, alors qu’elle n’était que de 75 ans en 1982 avec une retraite à 65 ans. On vit de plus en plus longtemps, les Français le savent. Donc, il faut travailler un peu plus longtemps ».

Ce genre de raisonnement « de bon sens » me fait penser à d’autres « vérités qui vont de soi », par exemple en géométrie. Il y a peu, à l’échelle historique, la géométrie euclidienne allait de soi, par un point extérieur à une droite ne pouvait se trouver qu’une parallèle à cette droite. Et pourtant, dans la géométrie de Riemann il n’y a aucune parallèle possible, dans la géométrie de Lobatchevski il y en a une infinité ; et la cosmologie contemporaine a évacué la géométrie euclidienne !

Pour favoriser l’emploi des seniors Xavier Bertrand envisage de relever de six mois par an l'âge plancher de dispense de recherche d'emploi pour les chômeurs (57,5 ans actuellement) et il propose de supprimer le «pécule» de départ en retraite pour les personnes n'ayant pas cotisé à taux plein. Ces mesures ne créeraient aucun nouvel emploi senior puisque pour la majorité des employeurs on est « vieux » à partir de 45 ans !

60-41=19 : donc il faudrait commencer à travailler à 19 ans pour avoir cotisé à taux plein alors que l’entrée dans la vie active se fait plutôt vers 24 ans ; par conséquent le passage à 41 ans ne ferait que faire baisser le niveau des retraites sans résoudre le problème de l’équilibre du système.

À ce propos, selon le Conseil d’Orientation des Retraites, les déséquilibres seraient de 25 G€ en 2020 et de 70 G€ en 2050. Alors que selon un rapport très critique issu de l’administration même, les aides publiques aux entreprises dans le budget de l’État étaient de 57 G€ en 2005 dont 17 G€ d’allégements de charges. Voila le gisement où trouver de quoi combler les déséquilibres ! Mais le MEDEF n’est pas d’accord !

Il est vrai que l’adage suivant est toujours d’actualité : « il vaut mieux prendre aux pauvres, certes ils ont peu mais ils sont nombreux » !

N.B. : cliquez sur les liens pour accéder aux sources.

1 G€ =  milliard d’euros

 

Commentaires

De toute façon, pour ce qui est du financement par solidarité, il n'y a pas de raison que les générations futures "payent en travaillant plus", les retraites de gens qui en contrepartie ne se sont pas vraiment préocuppé de leur laisser un environnement vivable ...
Il n'y a pas de raison non plus de supprimer les aides aux entreprises qui,
si celles-ci sont bien gérées, permettent un minimum de contrôle de l'économie par l'etat (par exemple en incitant les entreprises à faire de la recherche)
Ou alors on fait la révolution mais c'est une autres histoire...

Le système de revenus dépendant des cotisations étant profondément injuste, il faudra avant tout diminuer les grosses retraites. "A même travail, même salaire", cet adage est vrai aussi au voisinage de zero: il faut le même revenu pour tous les retraités. Les mieux payés auront, de toute façon, déjà accumulé des biens.

Ecrit par : tanguy | 23 mai 2008

J'apporte quelques nuances à mon premier commentaire.

Le respect de l'environnement est une forme de solidarité aussi importante que les autres.
La "gauche" par opposition à la droite propose plus de solidarité dans la société. Même si le modèle "statique" de la gauche traditionnelle me semble insuffisant, je reste bien entendu très attaché à ses principes fondateurs.
L'écologie politique ne fait qu'étendre cette solidarité aux générations futures, rien de plus.
Cela dit, on est pas coupable d'exister et d'avoir un mode de vie qui est le notre. Et ont l'était, bien entendu, encore moins il y à 20 ans.

Le problème des retraites, comme bien d'autres, doit être traité par la solidarité. Pas par les "hedge funds" ...

Ecrit par : tanguy | 25 mai 2008

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