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  • Secours catholique

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    Après ces municipales qui ne sont pas bonnes pour le parti du petit roi je me réjouis un peu même si, au fond, le parti socialiste n'est pas ma tasse thé.

    Avant les municipales, j'ai pris le train et j'ai remarqué une campagne d'affichage du secours catholique dans les gares. Je ne suis ni catholique ni protestant, juif ou musulman. Pour autant je trouve que ces affiches étaient particulièrement bien vues par rapport au pouvoir d'achat des plus pauvres. Elles ont sans doute contribué à la claque qu'ont pris les amis du petit roi. Je les ai copié ci-dessus.

  • Un conte de Grimm inédit

    469990709.jpg  Le petit tailleur de costumes

    Il était une fois un roi qui était tout petit et très nerveux. Il s’agitait sans cesse dans son palais et dans son royaume. Il rudoyait tout le temps ses ministres, seule la deuxième reine qui était, elle, grande et très belle, avait grâces à ses yeux.

    La première reine était partie, enlevée par un gentilhomme d’au-delà des mers. C’est alors qu’il avait fait chercher la deuxième reine qui lui vint de l’autre côté des montagnes de l’orient.

    Il était tellement fier de cette deuxième reine qu’il ordonna à tous les peintres du royaume de faire des portraits souriants de son couple royal afin de les exposer dans toutes les auberges.

    Comme le roi et ses princes confisquaient aux manants leurs récoltes et aux artisans leurs richesses, la disette était grande et les auberges n’offraient aux visiteurs que des soupes maigres qu’ils devaient payer très cher. Aussi, ce petit roi n’était plus aimé de ses sujets. Quand ces derniers contemplèrent les images du roi et de la reine bien nourris et bien vêtus, leur colère devint encore plus forte.

    Or, il advint qu’aux confins du royaume se trouvait un petit tailleur à la peau brune qui s’appelait Toufik et qui avait très faim. Il entra dans l’auberge du village et demanda de la soupe. Avant de le servir, l’aubergiste lui demanda de le payer. "Je n’ai pas d’argent mais si tu me donne à manger je te taillerai un costume prodigieux" dit Toufik.

           Prodigieux mais comment ? Répondit l’aubergiste.

    _   Un costume qui transformera ton esprit, qui te rendra joyeux le jour et la nuit, qui te fera parler comme un prince et qui te rendra la vigueur d’un jeune homme avec ta femme. Expliqua Toufik.

           Et bien va pour le costume. Dit l’aubergiste qui était un homme bon, en lui servant sa soupe.

    Quelques journées plus tard, l’aubergiste portait le costume prodigieux, s’en trouvait radieux et tout transformé et avait ouvert table gratuite à Toufik. Aux alentours la nouvelle se répandait car le costume taillé par Toufik avait bien des vertus magiques.

    Un beau soir, le seigneur du village qui détestait secrètement le petit roi fit mander Toufik en son château. "Petit tailleur, lui dit-il, saurais tu tailler un costume qui fonctionnerait à l’inverse de celui de l’aubergiste ?" Toufik lui répondit :

           Un costume qui donnerait mélancolie, qui ferait parler comme un manant et qui enlèverait toute vigueur dans la couche ; je peux le faire mais celui qui le porterait serait bien malheureux !

           Peu importe c’est pour un homme malfaisant dont je tairai le nom. Et il suffit de garder la mélancolie et la perte de vigueur car cet homme parle déjà comme un manant. Si tu taille ce costume je te donnerai ma fille qui est belle comme le jour et quand je disparaitrai tu deviendras le seigneur du village.

           Le marché est conclu, dit Toufik, mais comment faire sans les mesures de l’homme ?

           Il ne fait pas plus de cinq pieds et quatre pouces rétorqua le seigneur en ajoutant :

           Note aussi, cet homme aime beaucoup paraître, le costume devra être très beau.

    C’est ainsi que Toufik tailla un costume très beau qu’il porta au seigneur. Ce dernier fit placer le vêtement dans un coffre magnifique orné de pierres précieuses. Il dicta une lettre au petit roi pour le flatter et lui présenter le cadeau et il fit porter le tout au palais du royaume par ses hommes d’armes.

    Le cadeau parvint au petit roi après une longue chevauchée de dix journées. Lorsque le petit roi lut la lettre qui le flattait et eu vu le beau costume il se rengorgea et revêtit le costume. Il se montra à ses ministres et surtout à la deuxième reine. Tout fier de lui il la fit venir dans la chambre royale.

    Las, il ne put l’honorer et sentit venir la mélancolie. Quant à la belle deuxième reine elle fut vexée, tout le monde savait combien elle aimait plus que tout les hommes vigoureux.

    Le lendemain matin le petit roi ne voulut ni se lever ni déjeuner, il fit annuler toutes ses audiences et resta couché dans la chambre royale. Les ministres en étaient stupéfaits car le petit roi trépignant ne trépignait plus.

    Deux journées plus tard, à la nouvelle lune, la deuxième reine s’en retourna nuitamment de l’autre côté des montagnes de l’orient avec ses dames de compagnie et ses hommes d’armes. Lorsqu’il sut cette fuite, la mélancolie du petit roi devint encore plus forte.

    Le jour de la pleine lune suivante, le petit roi renonça au royaume et s’en fut on ne saura jamais où.

    Quand la nouvelle fut connue dans le royaume, le sujets se réjouirent et organisèrent de grandes fêtes. Le seigneur fut appelé à devenir roi et, ainsi, Toufik, après ses noces avec la fille de celui-ci devint à son tour le seigneur sans avoir à porter le deuil de son beau-père.  La disette disparut car il n’y avait plus ni roi ni princes pour confisquer les récoltes et les richesses.

    Depuis ce temps, l’expression "tailler un costume" est devenue proverbiale dans ce royaume.
  • Une chronique de Régis Debray

     

    Je cite un article du Monde 

    Dépoussiérer les livres..., par Régis Debray

    Curieux courriel. J'apprends l'existence d'une commission "Réformer la lecture, moderniser le livre", qui serait présidée par Marc Levy, assisté de Paul-Loup Sulitzer et de Michel-Edouard Leclerc. Créée, me dit-on, à l'initiative de l'Elysée, elle serait en passe de "finaliser" un certain nombre de propositions tendant à redonner, je cite, sa dynamique et sa compétitivité à "une branche industrielle passablement nécrosée qu'il convient de raccorder aux forces vivifiantes de la modernité". Show-biz et quick money.

    Un bon point cependant. Le pré rapport épargne au lecteur les fastidieuses platitudes habituelles. Ici, c'est franco de port : "L'heure est venue de briser la croûte de contraintes anachroniques, de frilosités corporatives et d'interdits bureaucratiques qui condamne la chaîne du livre tout entière (auteurs, éditeurs, libraires, bibliothèques publiques) à une prompte faillite. Dépoussiérage ou naufrage, telle est l'alternative." Comme les auteurs affirment ne vouloir qu'un seul juge, le public, je ne crois pas leur porter tort en me faisant ici publiquement l'écho de quelques-unes de leurs recommandations.

    1. Fin du dépôt légal. S'il est vrai que le livre sur papier relève du domaine des antiquités, et la Bibliothèque nationale François-Mitterrand du délire d'un pharaon républicain, la conservation des modes de vie anciens a ses limites. La notion de patrimoine aussi. Qu'une ordonnance de François Ier (1537) fasse encore loi à l'ère du numérique confine au grotesque. Feront désormais l'objet d'un dépôt obligatoire les seuls ouvrages qui répondent à une demande réelle du consommateur : la liste des meilleures ventes hebdomadaires de L'Express fera foi. L'offre de livres étant pléthorique, volatile et hétérogène, il faut des repères sûrs.

    2. Les moyens de l'autonomie. Sur 16 millions de vieilleries conservées à la BNF, les trois quarts ne font l'objet d'aucune demande de consultation. Il y a dans cette masse d'actifs un lot de livres rares et précieux qui, ajouté aux estampes, cartes et photographies anciennes du site Richelieu, pourrait être utilement mis sur le marché (comme il y a des zoophiles et des pédophiles, il existe des bibliophiles). L'intérêt sera triple. Sanitaire : assainir des réserves d'imprimés où pullulent les agents de corruption chimique et biologique. Sécuritaire : réduire l'effectif des magasiniers, personnel syndicalisé, surpayé (1 000 euros mensuels ou plus), où prospèrent des étrangers souvent en condition irrégulière. Budgétaire : éponger les grandissants déficits de cet établissement public à la charge du contribuable.

    3. La publicité audiovisuelle. Le livre souffre d'un défaut de visibilité médiatique et de reconnaissance sociale. Or la France est le seul pays d'Europe qui interdit la publicité des livres à la télévision. Il reviendra aux chaînes privées de remédier à cette anomalie. C'est le seul moyen d'assurer à nos best-sellers locaux, malgré le handicap de la langue, une présence sur le marché qui soit à la hauteur des Da Vinci Code et autres Harry Potter.

    4. Abrogation du prix imposé. Limitant à 5 % le rabais autorisé sur ce produit, la loi Lang, typiquement corporatiste et n'hésitons pas à le dire d'inspiration soviétique, punit en fait le consommateur pour complaire à une profession protégée. Prix unique, parti unique, pensée unique : dût-on rougir de cette préhistoire, rappelons que cette mesure remonte à une époque où des communistes siégeaient au gouvernement. Il y a des stigmates à effacer, pour l'honneur du pays.

    5. L'affaire Google. Imaginer que l'Europe pouvait et devait répondre à cette entreprise américaine qui entend numériser une quinzaine de millions de livres imprimés relevait d'un amour-propre désuet, quasiment souverainiste. Il est clair qu'un vague consortium d'établissements publics européens n'aura pas les moyens financiers de rivaliser avec le pionnier d'outre-Atlantique. Pourquoi ce dernier nous voudrait-il du mal ? L'Occident ne doit pas disperser ses forces, qu'il s'agisse de la lecture sur écran comme de la chasse au taliban. Il est temps de rallier le Google Book Search en même temps que les commandements intégrés de l'OTAN.

    6. Mécénat d'entreprise. Vu les coûts croissants de la numérisation en mode texte du fonds dit classique, le recours au mécénat d'entreprise soulagerait les finances publiques. Plus d'une serait logiquement intéressée à attacher son logo à la version numérique d'ouvrages de qualité. Dassault, à Vol de nuit. Hermès (les écharpes), au Petit Prince. Pfizer (les molécules contre l'asthme), à la Recherche du temps perdu. Ou encore l'American Express, à Paul Morand.

    Il est clair que, contrairement aux chauffeurs de taxi, éditeurs et libraires ne peuvent obstruer les avenues. Il y a donc lieu de croire que la vision poussiéreuse du monde propre à une profession du livre ankylosée par des siècles de mauvaises habitudes n'aura pas, cette fois-ci, le dernier mot.

    Inutile de dire que cette perspective me fait frémir. Je souhaite bonne résistance à notre petit îlot de papier battu par les vents. Qui peut-on croire aujourd'hui ? Comment distinguer l'authentique de la contrefaçon quand toutes sortes d'incongruités se croisent sur la Toile ? Quand on prête à un président de la République un parler de loubard et qu'on voit tel Black du 93 lui répondre avec des imparfaits du subjonctif ? Tout va à l'envers. Plus de critère ni de garant. Le canular le plus évident est aujourd'hui chose plausible.


    Régis Debray est écrivain, directeur de la revue "MédiuM".

    chronique "Carte blanche" parue dans Le Monde du vendredi 7 mars 2008
  • Ne fais pas ton Sarkozy !

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    En cette période de vacances scolaires, je suis amené à prendre en charge mes petits enfants, ce qui est un plaisir !

    Les garçons (2 et 4 ans) sont dans le moment "je veux pas" lorsque nous leur demandons de faire quelque chose qui ne leur convient pas ; ils trépignent de fureur, ils crient et nous devons sévir. Ils font comme Nicolas Sarkozy qui trépigne et "ne veut pas" que le Conseil Constitutionnel censure ses lois.

    Les garçons et leur sœur (8 ans) aiment bien aussi  dire des gros mots : "caca boudin" mais aussi "merde" et "con". Nous devons aussi sévir. Ils font comme Nicolas Sarkozy qui dit : "casse-toi pauvre con" à un quidam qui ne voulait pas lui serrer la main.

    Pour prévenir ces comportements, j'ai inventé le : "fais pas ton Sarkozy" et cela fonctionne !