31 mai 2009

Pour le Front de Gauche

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Avertissement :

Je suis profondément pour l’Europe, je ne suis pas souverainiste. J’ai voté non lors du référendum « Maastricht » essentiellement à cause de l’indépendance de la BCE qui interdit toute politique économique et monétaire démocratique. J’ai voté non en 2005 car le texte proposé entérinait la « concurrence libre et non faussée » et ne comportait aucune disposition sur l’Europe sociale. La crise grave et récente montre à l’envi l’échec du modèle néolibéral et la « main invisible du marché » ne régule pas mais conduit à des désastres. Quant au traité de Lisbonne, malgré quelques avancées au profit du parlement européen, il constitue une version bis du traité rejeté en 2005 et nous avons été privé de référendum, sauf en Irlande, et les ratifications par les parlements n’ont pas reflété les opinions majoritaires dans de nombreux pays de l’Union.

Mon vote du 7 juin ne sera pas lié à des questions de politique intérieure.

Je ne voterai évidemment pas pour l’UMP et le Nouveau Centre qui portent quoiqu’on en dise cette politique néolibérale.

Je ne voterai pas pour le MODEM, son président François Bayrou reste un homme de droite malgré ses gesticulations anti-sarkozystes.

Je ne voterai pas pour le PS : au Parlement Européen ses députés ont voté à 80% avec la droite ; plus grave, le PS aurait pu s’opposer à la ratification du Traité de Lisbonne au Parlement réuni en Congrès, il ne l’a pas fait.

Je ne voterai pas pour Europe Écologie qui est pour la sortie du nucléaire (cf. page 23 de son programme). Je pense en effet que les émissions de CO2 sont un problème trop grave pour se passer de l’électricité nucléaire qui, actuellement, n’est pas strictement une énergie renouvelable mais pourrait quasiment le devenir avec la fusion. Encore faut-il s’en donner les moyens et donc augmenter l’effort de recherche dans ce domaine.

Je ne voterai pas pour le NPA d’Olivier Besancenot. Le NPA se contente de suivre les mouvements sociaux et refuse d’envisager tout compromis pour gouverner et prendre ses responsabilités. Il est par ailleurs bien utile à Sarkozy comme l’était le FN à Mitterrand, j’en veux pour preuve son étonnante présence dans les médias aux ordres du Président.

Je voterai donc sans aucune hésitation pour le Front de Gauche.

Salut et fraternité !

Armel Lonker

P.S. : La révélation du 29 mai.

Alain BOCQUET, Député du Nord, déclare à la tribune de Lens (meeting du Front de Gauche le 29 mai 2OO9) :

"S'abstenir c'est laisser sa voix et les mains libres à la droite et à tous ceux qui ont voté le traité de Lisbonne. Or ce qui se prépare est très grave pour les peuples européens et le peuple français.

On ne nous dit pas tout !

On vous cache, Sarkozy en tête, un document confidentiel du Conseil de l'Union Européenne datant du 28 avril 2009 (document 8250/09-ECOFIN257) qui intime à la France d'aller plus loin et plus vite dans  "son programme national de réformes, de renforcer la concurrence dans les secteurs de l'énergie et du fret ferroviaire, ainsi que dans les professions réglementées pour moderniser le marché du travail"

Quelques lignes plus loin, on notifie à la France de "poursuivre l'amélioration du cadre général de la concurrence dans les secteurs des services". Autrement dit de privatiser plus vite!

"Ces problèmes doivent être réglés ; poursuit le texte, tout en respectant l'objectif d'encadrement des couts annoncés par le gouvernement, à savoir une croissance zéro des dépenses publiques"

Ainsi, c'est très clair, le Conseil Européen réclame plus de conccurence, d'attaques contre les secteurs et services publics et de nouvelles diminutions des dépenses publiques et sociales, alors que l'argent coule à flot, pour les banquiers et les multinationales sans aucune contre partie pour l'emploi et les salaires.

Il faut réclamer la transparence en exigeant que ce document sorte de la confidentialité et qu'un débat télévisé soit organisé en toute urgence ......"

 

20 mars 2009

TVA sur la restauration : une imposture fiscale !

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La presse, la télévision, la radio, même le Canard Enchaîné n’en parlent pas !

J’en parle !

André Daguin est aujourd’hui président de la puissante Union des métiers de l'industrie hôtelière (UMIH), qui rassemble les professionnels de ce secteur, gérants de bar-PMU, de discothèque, ou restaurateurs. Ce syndicat patronal milite depuis longtemps pour une baisse de la TVA de 19,6% à 5,5%. Cette revendication n’est pas stupide, après tout les « ventes à emporter » des « fast food » sont taxées à 5,5%. Et Notre Puissant Empereur est maintenant d’accord !

Là où le bât blesse, ce sont les justifications : cette mesure permettrait, directement, de créer des emplois et d’augmenter les salaires ; la baisse des prix de vente TTC n’est pas citée. C’est une imposture fiscale !

« La TVA est conçue pour ne toucher que le consommateur final (et non chaque entreprise en tant que consommateur intermédiaire). Son principe est que les personnes - physiques ou morales - « assujetties à la TVA » ne versent à l'État que la différence entre la TVA qu'elles perçoivent lors de leurs ventes et celle qu'elles ont elles-mêmes versé lors de leurs achats. Ainsi, on ne taxe que la « valeur ajoutée » et les assujettis fonctionnent donc globalement en « hors taxe », ce qui signifie qu'ils jouent en fait auprès de leurs clients le rôle de percepteur d'impôt pour le compte de l'État sans que cette charge ne les touche directement. » (source Wikipedia).

Prenons un exemple simplifié dans la restauration : soit un « plat du jour » à 12,50€, son prix hors taxes est actuellement de 10,45€ et le restaurateur, collecteur d’impôts, devra verser à l’État 12,50 – 10,45 = 2,05€ (19,6% payés par le consommateur). Ainsi la TVA n’est pas une charge !

En réalité, si la TVA sur la restauration passe à 5,5% et si, comme c’est probable, le prix du « plat du jour » reste inchangé, son prix hors taxe passera à 11,85€ soit une augmentation de +13,4% !

Ainsi ne pas jouer le jeu augmenterait les marges, on peut douter que cette augmentation se transforme pleinement en embauches, augmentation des salaires ou amélioration des conditions de travail.

Maximilien

 

09 mars 2009

Management moderne

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Au cours de ma carrière de consultant je suis intervenu dans beaucoup d’entreprises, publiques ou privées, grandes ou petites et cela dans de nombreux secteurs d’activité de la métallurgie à l’assurance où les instituts médicaux-éducatifs. J’y ai interrogé à la fois des directions et leur encadrement mais aussi et surtout des ouvriers (pardon c’est un gros mot – dire « opérateurs ») et des employés. J’ai été confronté au « management moderne ».

Ce passé m’a conduit à lire avec plaisir et à recommander le dernier ouvrage de la sociologue Danièle Linhart « Travailler sans les autres » (Seuil – collection « non-conforme »). Elle montre bien la double stratégie :

-         dans le secteur public, importer les méthodes du secteur privé en vue de la marchandisation des activités,

-         dans le secteur privé, tout en dénigrant le service public, importer ses valeurs de dévouement et d’attachement aux métiers.

En définitive cela conduit à transformer partout le sens du travail avec des conséquences graves sur les individus, sur la société et sur l’efficacité globale des systèmes.

Au-delà de l’agacement que l’on peut avoir pour un discours académique (multiples références, etc.), ce livre descriptif « donne un peu d’air » par rapport à l’idéologie dominante.

Je n’ai pas trouvé l’idéal du MEDEF : « transformer les contrats de travail en contrats individuels commerciaux » mais c’est sous-jacent.

Extrait de la conclusion : « Le travail moderne a inscrit l’individu dans un périmètre réducteur, celui de la seule cause de son entreprise ou de son ego, au détriment de la société. Il attaque le lien qui unit le sens et le vécu du travail à la société. Il conduit chacun au repli, et à l’incompréhension de ce que vivent les autres. ».

Maximilien

31 janvier 2009

Athée et fier de l'être !

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Barack Obama a prononcé un gros mot dans son discours d’investiture de 20 janvier dernier : « …Nous sommes une nation de chrétiens et de musulmans, de juifs, d’hindous et d’athées… ». Il y a peu aux USA se déclarer athée était un « coming out » bien plus rude que d’annoncer son homosexualité.

Je suis athée et j’en suis fier. Je suis tolérant mais ma tolérance est bornée par tous les intégrismes de toutes les religions. Ainsi, peu m’importent les pratiques religieuses des uns et des autres tant qu’elles n’ont pas de conséquences sur la vie des sociétés. Cette formulation est bien entendu idéale !

Lorsque Benoit XVI a été élu, j’avais publié les images ci-dessus et le texte suivant : « Ratzinger Joseph alias Benoit seize (sur le balcon) et Ian McDiarmid autrement dit l'empereur du mal, le chancelier suprême Palpatine dans la saga Star War ont des liens évidents comme en témoignent les photographies On frémit à l'idée que le nouveau Pape et l'Empereur ne feraient qu'un. D'ailleurs, l'image du haut de Ratzinger pourfendant la sodomie, le stupre et l'usage des préservatifs me fait peur. À moins que je ne me sois trompé ? ».

Je ne m’étais pas trompé ! Le pape envisage la béatification de Pie XII ancien nonce à Berlin du temps de la montée en puissance du nazisme qui, devenu pape, « a laissé faire » voire aidé aux fuites des nazis en Amérique du Sud après 1945 (lire Le vicaire de Rolf Hochhuth). Plus récemment, Benoit XVI fait rentrer au bercail les excommuniés de la Fraternité Lefevre dont l’évêque négationniste Richard Williamson.

Si j’étais vraiment anticlérical (c’est une tendance familiale forte chez moi), je me réjouirais de la situation de l’église catholique dont le « marketing plan » me semble pour le moins critiquable.

Mais il y a aussi les autres intégrismes : nouveaux évangélistes, musulmans, juifs, hindous, etc.

Il faut lire notamment Michel Onfray.

Salut et fraternité !

Maximilien

 

24 janvier 2009

La crise, quelle crise ?

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LA CRISE N’EST PLUS CE QU’ELLE ETAIT

 

J’ai beaucoup de mal à admettre sans prendre un peu de distance ce que toute la classe dirigeante appelle la « crise ». La crise mais quelle crise ?

Les couches populaires dans nos villes et nos territoires sont confrontées depuis plus d’une décennie à une crise profonde et donc durable. On assiste depuis longtemps à de multiples fermetures d’entreprises en particulier dans des zones où souvent l’usine du coin faisait marcher l’économie de toute une région. Les restructurations de nombreuses filiales de grands groupes ont entrainé des plans de licenciement massifs et cela depuis plusieurs années. Je ne développe pas plus mais tout le monde a eu à faire à ce genre de situations soit soi même soit dans son entourage. De nombreuses luttes de défenses des emplois ont eu lieu, elles faisaient souvent consensus localement autour d’elles, mais elles étaient peu relayées au niveau national et en tous cas ne donnaient pas un sens à une crise en réalité très profonde. D’ailleurs les mêmes qui défendent leur luttes en employant des moyens parfois radicaux (occupation d’usine, séquestration symbolique du patron, piquet de grève, menace sur l’outil de travail), les mêmes, protestent sur les actions menées par d’autres, sous la seule raison que çà dérange, on parle alors de prises en otage, de grève catégorielle de nantis et j’en passe, comme ce gros mot de « fonctionnaire ».

La réalité c’est que cette « new crise » touche désormais les couches moyennes, les cadres, les professions libérales, bref ceux qui représentent le petit tiers (ou le bon quart) supérieur des revenus.

Comment ne pas rappeler que depuis vingt ans nos dirigeants politiques et économiques (souvent les mêmes) encouragent les revenus annexes hors salaires de base, comme les primes aux « mérites » de toutes sortes, les contrats d’intéressement, les plans d’épargne d’entreprise ou autres, bref tout ce qui n’est pas fixe.

Outre les campagnes idéologiques, l’encouragement est venu aussi des exonérations fiscales et/ou de cotisations sociales. Là aussi tout le monde est schizophrène, on exonère à tout va mais ensuite on s’étonne que les remboursements maladie baissent, que les routes ne soient plus entretenues comme avant, que la retraite soit si faible.

La montée en forte puissance des différents types de précarités, dans les entreprises comme dans la population qui ne travaille pas, ont permis de rendre les salariés en place encore plus dépendants et soumis à leur hiérarchie. On en était à théoriser dans les séminaires de DRH sur le stress « positif » au travail.

Dans le même temps tout le monde « jouait » à se faire peur sur les retraites par répartition prétendues ne pouvoir plus assurer le même niveau de pensions, sur la dette du pays qu’auraient à payer nos enfants etc.

Dans ces conditions, comment ne pas répondre positivement aux sollicitations des banques et assurances (ce sont les mêmes) quand on a mis un peu d’argent de coté, gagné durement et de manière incertaine. D’autant plus que ces placements le plus souvent avantageux sur le plan fiscal, voient leur valeurs grimpées tous les jours, quelle aubaine ! Seulement voilà les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel !

Entre 2002 et 2007 les valeurs boursières ont doublées de valeur, de 2007 à ce jour elles ont rebaissées d’à peu près autant, dans le même temps l’économie dite réelle n’a évidemment pas fait un tel « yoyo ». C’est bien sur un désastre pour ceux qui ont fait des placements dans tous ces produits financiers que leur banquier mettait si généreusement à leur disposition.

Ce processus actuel a touché et touche désormais les épargnants moyens, mais pas les petits et pas les très gros. Pour les gros avouons que çà n’a pas beaucoup d’importance et ils ont d’autres moyens pour se prémunir (les paradis fiscaux par exemple), quand aux « petits » pour la plupart faute de moyens ils sont restés dans des produits classiques et sans grands risques.

Tous les autres n’ont pas depuis longtemps les moyens mêmes minimes de mettre quoi que ce soit de coté, au contraire ils sont souvent très endettés voire surendettés.

Je ne nie pas que la situation actuelle soit grave, elle aura des répercussions sur l’ensemble de l’économie et le peu de tissu économique, industriel qui nous restent devraient souffrir gravement, et ce sont toutes les catégories laborieuses qui en subiront les effets.

Ce que je mets en avant et dénonce c’est cette espèce de « buzz » médiatique et politique qui déferle actuellement, tous çà parce que cela touche les couches moyennes, et peut-être un peu aussi les élites, qui se sont bien agitées sans vergogne ces dernières années avec l’argent.

Certes ces couches moyennes ne sont pas coupables de ce qui leur arrive, mais sûrement un peu responsable par la mentalité individualiste et égoïste qui s’est développée car encouragée par tout ce qui fait l’opinion dans nos pays (encore) riches, « la volaille qui fait l’opinion » que chante Souchon.

Si cette crise, qu’encore une fois je ne nie pas, pouvait avoir le mérite de poser des questions souvent moqués ces dernières années, comme le rapport à inverser entre le salaire et la rente (le capital), l’inégalité des populations dans chaque pays et dans le monde, la solidarité contre l’individualisme, la mutualisation des problèmes au lieu du « chacun pour soi », alors notre monde pas très joli en ce moment retrouverait un peu de sens.

Cet avenir n’est pas certain mais on peut le désirer et garder l’espoir… à gauche en ce qui me concerne.

 

Patrick FOREST

 

Paris le 23 janvier 2008